Journal d’une résidence d’architecture à Sauveterre-de-Guyenne

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LA RESIDENCE n°2/5

Rédigé par Manon Ravel / 27 octobre 2020 / Aucun commentaire






L’une au marteau,
des clous à tête d’homme pincés entre les lèvres,
L’autre déroule un Sauveterre de papier, le scotche sur la table.
Dans tous les livres d’histoire que nous avons feuilletés, l’inchangé de notre bastide était son jour de marché : immuable mardi matin.
Mardi, les voitures s’écartent de la place de la République, se garent de traviole un peu plus loin et chaque conducteur devient un bipède à large bouche (invisible, certes, mais encore bavarde).
Notre stand a ses deux flèches, « sauveterre » et « traversée », dressées droites, remarquables dans ce ciel de chaud.

À notre droite,
un stand de jus de fruits pressés.

Nous étalons notre Sauveterre de papier, une carte où le centre-bourg a la taille d’une noisette, une autre où l’on peut y voir ses « ruets ».
Les accompagnent : journal (100 exemplaires), stylos, tampons, encres et cartes d’identité des itinéraires (trois couleurs).

Au stand de gauche,
on alpague : « un bonbon au miel ou un masque ? »

Chez nous, on trace son itinéraire régulier.
Où se trouve ma maison ?  
L’espace aplani a des allures de faux.
Nous regardons la carte, cherchons les chemins de traverse qui manqueraient.
Et tamponnons les voieries de trajectoires humaines.

O : en véhicule à force motorisée
I : en véhicule à propulsion humaine
X : en mettant un pied devant l’autre

Les itinéraires s’inscrivent, les premières rencontres se tissent.



Texte écrit par Maire Willaime, écrivaine en résidence à Sauveterre-de-Guyenne.




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